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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 21:07

Après le récit de Manchester, c'est au tour de Londres, qui sera bien plus dense. Après s'être réveillés (oui car mon ami a évidemment raté son avion), on se dirigea vers le centre-ville pour prendre le bus pour Londres.

 

springsteen-odeon.jpegLa deuxième partie du voyage pouvait commencer, celle qui se terminerait en apothéose par le concert tant attendu du Boss. En attendant, j'avais rendez-vous le soir avec Chan alias Cat Power à Camden. L'enchaînement fut si chaotique (recherche d'un logement, la dernière bière avec mon ami, manger) que j'ai attaqué le concert sans la carte mémoire du téléphone ce qui fait que les photos du concert sont dans la mémoire interne. N'ayant toujours pas trouvé de solution pour les extraire, faudra attendre un peu avant que je les publie. Le concert de Cat Power faisait partie de sa tournée Sun reprogrammée après ses petits problèmes personnels de l'automne dernier. J'avais ma place pour la voir à Madrid et il fallait donc que je me rattrappe en la voyant autre part et ce séjour londonien fut la bonne opportunité pour la voir et enfin tester la Roundhouse.

 

 

La Roundhouse donc... Drôle de salle. Localisée en plein Camden, elle me narguait depuis longtemps et malgré quelques tentatives (Wilco qui y jouait mais je n'avais pas d'argent pour aller les voir, ou les Who en 2006), je n'avais jamais eu la chance de voir un concert dans cette salle splendide. Oui car elle est vraiment splendide. Elle est très moderne avec des équipements de haute qualité et en plus le tout installé dans un grand ensemble en bois qui reflète bien le quartier des locks. 21H, Showtime. La belle Chan entre avec son sonrire resplendissant. Je me demande bien ce qu'elle va attaquer d'entrée. N'ayant jamais vu comment elle construisait ses set-lists, je pensais qu'elle entamerait le concert par un "Cherokee". Tout faux, ce fut "The Greatest". La prestation est splendide. Sa voix résonne dans toute la salle, avec une profondeur inégalable. Elle est accompagnée d'un piano comme lors de la version de l'album. Je suis content, ça valait vraiment la peine de faire des sacrifices pour la voir. Je suis déjà à terre, elle m'a déjà comblé avec une chanson. Après une avalanche de sourires et de gestes à l'attention de la salle (c'est qu'elle est extrêmement communicative), elle attaque les morceaux de son dernier album, son meilleur. pas que je n'aime pas ses autres albums, loin de là mais celui-ci fut vraiment le détonateur qui l'a fit rentrer dans une autre sphère, celle des plus grandes chanteuses de notre temps. C'est donc "Cherokee" qui est la première jouée, dans une ambiance bien plus joyeuse que pendant sa tournée ricaine. C'est suivi du splendide "Silent Machine" puis de "Manhattan" et "Human Being". Ces chansons dégagent quelque chose de dingue, une espèce de puissance où Chan peut être libre de jouer avec sa voix. Il n'y aura aucune face b de l'édition bonus de Sun qui sera jouée ce soir-là mais "Bully", chanson qui est apparue pendant le dernier leg de la tournée. Superbe. C'est alors qu'on ne voit plus rien, tout devient noir. Petit à peitt, une lumière apparaît sur Chan et elle entonne une chanson en espagnol "Angelitos Negros". Il y a une drôle d'ambiance. Tout le public fixe cette immense lumière qui est accompagnée par des vagues progressives de chant montant. A couper le souffle. Sûrement le moment du concert, celui qui m'a coupé le souffle. Chan Marshall continue le concert par trois chansons du dernier album "Always on My Own", "369" et surtout "Nothin But Time" que je rêvais d'entendre. Elle est encore plus lente que sur l'album, ça se déroule progressivement accompagné de quelques notes de piano et d'effets électroniques. C'est clairement son "Heroes" à elle, fort psychologiquement et constant. Les trois derniers grands moments sont "Metal Heart" (un de mes morceaux préférés de Jukebox), Peace and Love (encore plus puissant que Nothin But Time c'est dire) et le final, "Ruin" où des roses blanches  furent lancées durant toute la chanson à la salle. Je suis parti comblé de ce concert. Je le redis, je crois que c'est clairement une des plus grandes chanteuses actuelles. Elle réussit à combiner grandes chansons, grande voix et hyper originale, classe, modestie, et grandes prestations scéniques tant en ayant un contact privilegié avec le public. Le bonheur absolu.

 

Après une petite nuit, j'avais prévu de voir le jour suivant les Black Angels ou plutôt d'essayer de les voir puisque c'était sold out... Plusieurs impératifs m'ont fait annuler ce beau projet, la venue de mes amis le soir et surtout un impératif politique. Je rêvais de les voir car ils ne passent jamais en Europe mais avec le beau programme jusqu'à maintenant et celui qui arrive, je ne pouvais pas me plaindre. Ma bonne étoile en avait décidé autrement. Je devais voir les Black Angels à Londres. En effet, ils avaient décidé en dernière minute de faire 2 shows à Londres: un vrai, et un raccourci de promotion dans un disquaire. Quand j'ai eu l'info sur internet en organisant les logements de la semaine, j'ai foncé vers le disquaire acheter les CD et les LP's qui donnaient accès au show du jeudi soir. Je n'avais rien annoncé à mes amis, ça allait être la surprise. Le jeudi donc en fin d'après-midi on se dirigea vers le disquaire pour aller voir mes Black Angels chéris.P1070292 Une grosse surprise m'attendait là-bas, on pouvait boire des bières en rue et dans la salle. L'austérité londonienne atteint ses limites quand on touche à un fondamental de la société anglaise, la musique. On rentra donc après quelques cannettes de bière dans le disquaire tous excités avec les images en tête du show de Macca aux Amoeba Records ou de celui de Beady Eye chez Virgin. C'était génial de les voir si près ou pour presque rien (17 euros avec LP ou 13 euros avec cd). Ils arrivèrent et c'était parti. Le son était énorme malgré l'environnement du disquaire. Malgré leur show de la veille, ils avaient l'air en pleine forme. Le set fut assez court, entre 45 minutes et une heure mais d'une intensité sans pareille. Je crois que presque tout le nouvel album a été joué  avec mon petit "Evil Things". On a eu aussi la surprise d'entendre le guitariste chanter avec une voix très intéressante. P1070295.JPGElle sera sûrement plus utilisée dans les prochaines productions, afin de contraster avec la voix aigue du chanteur principal. Après le concert, qui fut un peu un espèce d'amuse-bouche avant un vrai concert d'eux (ça tombe bien j'ai ma place pour les voir lors de mon séjour à Bruxelles), on passa un petit temps à écouter les dernières sorties et à parler avec le groupe. Ca c'est Londres malgré tous ses défauts. Un autre ami nous rejoint 2 heures après le concert, dégoûté d'avoir raté ce moment. Il ne savait pas quelle claque il allait recevoir en pleine gueule dans quelques jours... La nuit fut passée dans un pub dans le quartier d'Arsenal. Vue la rareté des logements à Londres en cette période, j'avais décidé faire un hotel par nuit, ce qui avait ses bons côtés (rencontrer de nouvelles personnes chaque nuit, un nouveau quartier, un nouveau pub...) mais aussi ses inconvénients (ces connards d'anglais ne sont pas foutus d'avoir une heure de check-in correcte. Au lieu du 12h habituel, on devait se lever tous les jours avant 10H et avec les nuits courtes qu'on se tapait...) . On passa la journée du vendredi à Camden, notre auberge se trouvant là pour la soirée du vendredi. On scruta de nouveau les disquaires et offres rares toute l'après-midi après avoir avalé un gros morceau de cochon grillé au marché. La soirée fut passée autour de bières dans la chambre avec des anglais puis dans la rue pour enfin atterrir dans un espèce de bar-club qui jouait un peu de tout jusquà la fermeture. Le lendemain matin, on dut encore se réveiller à cause de ce check-in (à 11H cette fois :) ). P1070309Un ami étant fan de rugby, on fonça dans un pub qui faisait une promotion pour le match des Lions contre l'Australie. Une pinte de cidre et un English breakfast pour 10 pounds, une aubaine pour Londres. On se réveilla doucement entouré de ce qui je crois était le meilleur English breakfast de ma vie (j'en ai testé surtout avec les 3 Glastonbury). Je ne retins presque rien du match, vu mon état de fatigue, mais je me souviendrai toujours de ce moment.

La photo ci-contre réflète un peu l'esprit de cet English breakfast si spécial. Avec la fatigue qui s'était accumulée et la dure soirée de la veille, on décidea de chercher une auberge près d'Hyde Park, lieu rempli de souvenirs car c'était là que j'avais vu Macca en 2010. Ce samedi après-midi fut parfait pour récupérer de la veille. On organisa une bouffe au pub (je voulais mon weekend roast) avec une copine espagnole puis on a passé notre soirée avec des irlandais déjantés sur le trottoir jouxtant Hyde Park qui étaient venus avec une seule valise... remplie de bières.

 

Le jour suivant, c'était le grand jour. LE concert de l'année. J'avais prévu pour ce jour-là (sans vouloir mettre le je partout, c'est moi qui ait organisé tous les logements) de s'arrêter dans un petit bed and breakfast tranquille près de l'Olympic Park pour le dernier jour. Le lieu était génial, on se sentait comme à la maison. Il y avait un petit jardin où on pouvait s'arrêter tranquillement et enfin de vrais lits dans une chambre privée. Le luxe complet. Après quelques tâches administratives indispensables, on se dirigea vers le fameux Olympic Park. P1070311.JPGQuel drôle de truc que ce Olympic Park. C'est de nouveau un espèce d'espace de loisirs à l'anglaise sous le modèle de l'O2. Allez un "Brupark Village" en plus grand et plus scintillant. L'horreur. Heureusement que je n'ai pas mis les pieds à Londres, ni rien vu des JO (à part la prestation de Liam & Co et mes Who bien évidemment), j'aurais vomi. Enfin bon le stade a de la carrure quand même. Il faisait splendide et chaud comme en 2010, à croire que c'est un signe du destin. Tous les ingrédients étaient réunis pour attaquer les Black Crowes et le Boss. On arriva malheureusement juste au début du set des Black Crowes à cause de problèmes de temps et de billets. Malgré ces contretemps, on fut à une bonne place pour les Crowes et donc à une meilleure place (même si je ne voyais pas comment on allait se foutre dans le "pit") pour le Boss."Twice As Hard" commençait à résonner. C'était parti pour un petit set des Crowes. C'était un peu "ma première fois" car la dernière fois, à Bilbao, je les connaissais peu et n'avait pas fait tout le concert et en plus le son y était très mauvais (comme pendant tout le festival). "Twice As Hard" donc, classique pour l'ouverture en festival. Ils sont excellents et l'épisode de Bilbao est vite oublié. Les gros hits s'enchaînent sous une immense chaleur: "Sting Me" puis le génial "Jealous Again". L'été musical venait de commencer réellement, et ça me procurait une sensation de bonheur intense.P1070315.JPG C'est au tour de "Wiser Time", peut-être ma chanson préférée du groupe. Tout s'enchaîne tranquillement, de petits solos en petits solos. Je lis les sourires des visages autour de moi. Du bon rock n'roll libre et bien foutu et du soleil en plus à Londres, que demander de mieux? L'avalanche de hits suit: "She Talks to Angels", "Thorn In My Pride (qu'est-ce-que je l'aime celle-là), puis le final "Hard To Handle" entrecoupée d'une surprise, un bout de "Hush" de de Deep Purple! Tout s'enchaîne parfaitement, le chanteur accompagne le rythme du groupe en dansant au gré du vent. Leur set est déjà fini, c'est beaucoup trop court, comme Crowded House il y a trois ans au même festival. C'est un peu le problème de ce festival, les artistes sont invités comme des premières parties pas comme des artistes de festival et donc leur set est réduit à néant. On en voulait plus mais on dut se contenter de ce mini-set. Ce groupe est une merveille. Tout était fluide, improvisé tel un vrai groupe de rock n'roll loin des plates prestations de certains artistes dits rock actuels (je vous laisse chercher). Vive les Crowes. Après cet en-cas royal, venait l'heure de voir mon cher Bruce, la voix de l'Amérique moyenne.

 

 

P1070317.JPGLa scène se remplissa petit à petit des éléments de la machine "E Street Band", 2 ensembles de batterie, un pour Max Weinberg et l'autre pour les quelques chansons du Wrecking Ball qui nécessitent cet ensemble. On se demande ce que le Boss va jouer ce soir. Hier à Paris, il a joué tout "Born in The USA". La difficulté était grande de savoir ce qu'il allait faire. Je misais sur "Darkness", celui-ci étant très populaire en Angleterre. Cependant, on ne savait jamais. On aurait pu croire qu'il irait plus evrs un format festival mais le Hard Rock Calling est un drôle de festival. Les set-lists de 2009 et 2012 le prouvaient. Par quoi allait-il ouvrir? Là encore, c'était le mystère complet. Chaque édition du Hard Rock Calling avait droit à une surprise. En 2009, c'était "London Calling" tandis qu'en 2012, "Thunder Road" tout seul juste avec le piano comme lors de son premier concert en Europe. Bref, c'était impossible à prédire et à vrai dire toutes mes prédictions furent fausses.

 

Bruce arriva et attaqua par "Shackled and Drawn". J'aurais cru à tout, à un "Badlands" en entrée par exemple ou une surprise, mais pas à ça. En fait ce fut une idée excellente. Ca a chauffé la foule d'entrée sous un air joyeux. En plus, il a la joue super bien, et avec une démarche toute particulière. Le public étant prêt (vraiment?) à recevoir en pleine gueule un concert de Springsteen, celui-ci décida d'attaquer les choses serieuses: bam un Badlands fracassant. C'était parti. Rien de tel que cette chanson pour te tuer d'entrée. La machine E-Street Band est à l'oeuvre et elle ne s'arrêtera pas avant 3 heures minimum de show (dans ce cas-ci 3h15 et pas les 3h30 prévus). C'est suivi de Prove It All Night, enchaînement classique qu'il fait quand il est en Angleterre. Pas de version spéciale mais la normale, celle de Glastonbury. Toujours aussi bon. Première requête du public: Johnny 99. Exactement celle qui fallait pour mes amis. P1070321.JPGC'était en effet une des seules chansons live que je leur avais donné pour la préparation du concert, pour rassurer un ami qui disait que Bruce "n'utilisait pas assez sa guitare". Ce sera tout le contraire pendant tout le show. Bruce adoptera une set-list hyper rock/blues pour leur plus grand plaisir. La version de Johnny 99 est époustouflante. Je n'en crois pas mes yeux et mes oreilles. Rien à voir avec la version de Glastonbury, cette version est extrêmement plus longue et plus aboutie. Il avait déjà fait là mon concert. Mes regrets d'avoir raté Glastonbury et les Stones s'étaient évanouis, rien ne pouvait l'égaler. Je ne savais pas que quelque chose d'encore plus fort allait suivre: un Reason To Believe électrique demandé par le public! Alors là c'est l'apothéose en matière de live rock n'blues. J'avais jamais entendu une version pareille de cette chanson. Wow. On a eu droit après à un "Atlantic City" que je n'avais jamais eu en live. Que de bonnes surprises pour le moment. Bruce continua avec deux morceaux de WB: la chanson-titre toujours aussi puissante en live et le "Death of My Hometown" que je n'attendais plus après les dernières set-lists. Ca danse dans la foule, le sourire aux lèvres. Un sourire que chacun arborera jusqu'à la fin de ce moment magique, en gueulant de toutes ses forces toutes les paroles. Bruce annonça q'il allait jouer un album entier. Ce sera le même que la veille, "Born In The USA". Je suis un peu déçu mais finalement sa prestation remplira toutes mes attentes.

 

L'hymne fut élancé. Sa voix est incroyable malgré le concert de la veille (j'entend mes amis me dire "mais comment il fait, mais comment il fait!") et entamé à la vitesse de la lumière. C'est la deuxième fois que je l'ai eu en live, et elle me fait toujours le même effet. Grande chanson malgré les pauvres déboires qu'elle a subi... C'est parti pour tout "Born in The USA" donc où toutes les chansons sont des hymnes de stade: shalalalala Darlington County; un bon petit "Workin in the Highway" , un "I'm On Fire" d'une intensité sans pareille, un bon  "No Surrender" un "Downbound Train (miam), et surtout "Bobby Jean". Ah que je l'adore celle-là. Finalement, jouer "Born In The USA" s'avéra une bonne idée, car sans cela je n'aurais peut-être pas eu droit à ces titres.  Bruce clôture l'album par les ultra-classiques "Glory Days" "Dancing in the Dark" avec une invitée de marque, sa propre mère qui dansa avec lui pendant toute la fin de la chanson. Ma mémoire me joua alors des tours et je croyais que l'album se clôturait par "Dancing in the Dark" et non par "My Hometown" entonnée avec force par le public.

 

Voilà, il venait juste de jouer un album entier, rien que ça. Sans faire de pause, dans sa chemise transpirante, Bruce attaqua le même trio que j'avais entendu à Glastonbury qui fait fureur en Angleterre: Waitin on a Sunny Day" (où une petite fille fut prise dans le public pour chanter avec le Boss sur ses épaules.), Lonesome Day et le sublime "The Rising" qu'il a réussi à chanter quand le soleil se couchait. Très pro. Ce n'était pas fini, un "Light Of Day, grosse rarity, nous attendait au frais pour un final sans pareille.  J'étais plus que comblé, on avait atteint l'irréel.

 

P1070322.JPGCa n'était pas encore fini, le Boss voulait m'achever complètement et pris une pancarte dans la foule et avec le visage rempli d'émotion nous annonçait: "I will play this song. It is the song of my life about my life, hope you will enjoy it as I will do" et il nous montra la pancarte: JUNGLELAND!!!! Je ne pouvais en croire mes yeux, il allait jouer ça devant moi. Jamais je n'y aurais cru. Et ça commença, accompagné d'un ciel sombre. C'était trop pour moi. C'était chanté avec une telle intensité, telle émotion que ça me pris en plein coeur. Et les notes de piano, se succèdaient, avec cette voix incomparable. Les solos de guitare arrivèrent pour laisser place au fameux solo de saxophone. Pas un mot fut entendu dans cette foule de milliers de personnes, tout le monde avait le regard fixé sur cet instrument, avec leurs tripes. C'était juste indescriptible. Le neveu a fait plus qu'honneur à son oncle. Une merveille.

 

Pas le temps de se remettre de ses émotions que Bruce prit sa guitare et attaqua "Born to Run". Classique entendu à chaque concert mais qu'on ne pourrait se passer. Un "Tenth Avenue Freeze-Out" en hommage à "Big Man" suivit après une très longue introduction au piano. Ca devait se clôturer maintenant, mais je n'avais pas envie. Je voulais que ce moment unique ne s'arrête jamais. C'est peut-être le seul artiste qui me fait cet effet, l'effet que ça ne doit jamais être fini, que le temps s'est arrêté pour un moment unique de partage. Parce que c'est bien ça, un concert de lui, un partage entre êtres humains. Un moment de quelques heures où tout le monde est impliqué, où tout le monde est inclus, pour un échange humain unique. Il ne finissa pas par "Tenth Avenue Freeze-Out" comme à Barcelone l'année passée mais par un "American Land" toujours de bon ton. Je l'adore, c'est un hymne à la joie, au voyage, à la découverte.

 

Ce n'était pas encore fini, il allait revenir pour une dernière chanson en acoustique avec une voix complètement cassée. Tout seul dans la pénombre, et d'une voix douce il nous livra une superbe version acoustique de "My Lucky Day" (2009). Une façon de dire au revoir de manière majestueuse.

 

Est-ce-que c'était mon meilleur concert de Bruce? Peut-être. Il me touche tellement ce gars que je ne sais pas où j'en suis avec lui. Ca doit être le concert qui m'a le plus affecté, car je le connais de mieux en mieux et je l'ai senti tout le E Street Band à 400 % par rapport à d'habitude. Chaque chanson interpretée est juste immense, et jouée comme si c'était la dernière. On riait à la fin car ce concert nous faissait oublier la grande prestation (pas en longueur) des Crowes. Mais on ne l'oubliera pas, c'est juste que 45 minutes des Crowes ne peuvent égaler 3h15 de Springsteen. Ils méritent qu'on les écoute pendant 2 heures, tellement ils sont bons. Ce fut une journée magique, tant au niveau du temps, des prestations lives. On partait effondrés de fatigue après ces quelques jours harrassants (10 jours pour moi) mais profondément heureux de savoir que le rock n'roll n'a pas dit son dernier mot et cela face à un ennemi extrêmement puissant. Rien ne pourra surpasser le rock n'roll, jamais.

 

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Published by Dimzur - dans Concerts review
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commentaires

Dimzur 11/08/2013 12:01

Oui Chris, tout à fait d'accord avec toi ;) Que des frissons, et rien d'un show pro sans aucune émotions qui pourraient déballer vue l'état du rock-business. Je crois que le "presque" de ta
première phrase ici ne doit pas être utilisé, surtout quand tu as eu droit à 2H des Crowes, toi!

Maître Kulk 05/08/2013 20:47

Yes !
Quelle belle conclusion. Pour mon report des Crowes sur un blog, j'avais osé "Les Crowes en concert, c'est presque aussi bon que le sexe."

C'est cool quand des artistes comme Bruce, Macca, Stones, Crowes, etc... vous donnent ces sensations. Une clé vers l'absolu, le sentiment que rien ne peut dépasser ces instants.
Tu sors du concert hagard, souriant, 2000 coudées au dessus des nuages. Oui, comme après une bonne séance de... voila.

J'ai pris du plaisir à lire cette chouette chro.