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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 11:29

 

Voilà je suis enfin débarrassé de mon travail sur la politique économique de cette chère Margaret Thatcher. J'en profite pour ENFIN raconter un peu ce voyage en Angleterre qui m'a paraît si long (j'en ai perdu mes répères espagnols) et qui fut si intense. Après une dernière bière avec tapa en face de l'aéroport, je pris mon avion pour Manchester de Malaga. L'impression fut étrange. Je partais dans un lieu où je n'avais jamais mis les pieds et sans savoir vraiment où je logeais. De plus, retrouver la pluie et l'Angleterre après un mois de montagne andalouse fut vraiment spécial. Ce voyage était un test, retrouver l'Angleterre que j'ai aimé après un an de désillusions. Cette année, j'allais me concentrer sur une ville que j'ai toujours réver de visiter et qui représente un peu l'Angleterre que je recherchais, pleine d'humanité et de caractère loin de cet égoisme cambridgien. Je pris donc l'avion le soir avec un brin d'hésitation. Cela valait-il la peine d'effectuer ce voyage de nouveau complètement aléatoire alors que j'étais si bien en Andalousie? Etait-il sérieux d'y aller alors que j'avais un exam, un travail important et du boulot du côté politique? We only live once disait l'autre, les billets étaient pris, il fallait donc y aller.

 

 

P1070126.JPGJe suis donc arrivé le vendredi soir peu avant minuit à Manchester. Surprise: un inconnu pouvait me loger le soir mais je devais le rejoindre dans le centre au préalable. Je pris donc le premier et de facto dernier train pour le centre sous une pluie battante. Arrivé dans le centre, je ne pus retrouver le gars en question. On arrivait rendez-vous devant un Subway mais on ne parlait jamais du même. Après 30 minutes, ou il me signifiait que si on se retrouvait pas il s'en allait (bon j'avais deux solutions d'urgence non payantes au cas ou), je le retrouvai. Il avait rendez-vous dans plusieurs clubs et nous sommes donc allés boire quelques coups. Le premier club fut une boite funk gratuite dont la musique etait pas mal mais on n'a pu y rester que peu longtemps à cause de son autre rendez-vous. Mon hôte n'avait pas l'air d'être dans sa plus grande forme, j'étais curieux de savoir ce qui se passait. On passa par quelques pubs après avoir rejoint quelques de ses amis. Le plus agréable fut celui dans le Gay's quarter grâce à sa terrasse et son prix plus bas que la 50 belge. J'ai pu là-bas vraiment déjà avoir un petit aperçu du monde de la nuit mancunien. On rentra vers 5H dans une maison en vente dans la banlieue de Manchester rempli de grandes chambres. Je dormis donc dans une des grandes chambres profitant du confort du lit jusqu'à ce que Sid (mon hôte) me réveille à 9H pour que je descende car le propriétaire pouvait passer. Finalement, je ne dormis pas du tout et me suis organisé un peu pour la suite des opérations. La localisation de la maison était en fait géniale, un train passait là toutes les 20 minutes pour le centre. Après une visite de la Cathedrale, du centre, du canalP1070134 et comme toujours une petite escapade vers la salle du concert de demain, je fus de retour à la maison en vente où je pris quelques bieres avec des voisins et Sid accompagné de musique locale (Oasis, The Stone Roses, The Happy Mondays, Slydigs, ...).

 

Bon assez de blabla inutile, allons directement au but. Le dimanche c'était le grand jour. J'allais revoir mes Who que j'aime tellement. Cette tournée devait être l'ultime, celle qui avait été annoncée depuis longtemps et qui serait lancée dès que Pete était prêt. Quadrophenia allait de nouveau être joué en intégralité mais cette fois suivi de quelques hits. Bien que j'avais déjà eu la chance d'avoir l'intégralité de Quadrophenia en live au Royal Albert Hall en mars 2010, je ne pouvais pas manquer cette tournée. En effet, tout allait être différent: les guests, les visuels et putain je voulais réentendre "Won't Get Fooled Again" sur scène!

 

Après quelques bières avec mon ami arrivé de Belgique, Joseph, on fonça vers le concert. Devant l'entrée, on sentait bien le revival mod. P1070143La salle était gigantesque avec d'énormes écrans reproduisant les phares de la vespa. J'avais la chance d'avoir de très bonnes places grâce au fanclub. Dès le retentissement de "I am the Sea", c'était parti. Quelle joie immense que de les retrouver après 3 ans d'absence... Les visuels étaient très proches de ce que j'avais vu à l'Albert Hall, quelque chose qui se démantira par après. Dès "The Real Me", la bombe était lancée. Les visuels étaient à couper le souffle utilisant toute la superficie de la scène et les deux fameux grands phares. Etaient diffusées des images d'archives que je n'avais jamais vues des sessions de Quadrophenia. Entre Roger, Zak, Pete, les visuels, je ne savais pas ou tourner la tête. Ce "Real Me" n'avait rien à voir avec celui de 2010 et encore moins avec celui de 2008. Roger avait une voix encore meilleure qu'au RAH, allez encore mieux qu'en 2001. Fou. Pete alignait les riffs comme jamais et j'ai senti pour la première fois une combinaison parfaite entre Pino, Pete, Roger et Zak sur "The Real Me", comme à la grande époque. Ils se lâchaient beaucoup plus qu'en 2010, n'étaient plus concentrés sur leur partition et prenaient énormément de liberté. Tout ça s'annonçait très bien. Après m'avoir scotché sur la première "vraie" chanson du concert, à quoi pouvais-je m'attendre? Le "Quadrophenia" fut comme d'habitude splendide. Les visuels de nouveau étaient incroyables, rien à voir avec le petit Jimmy apparaissant avant chaque chanson comme lors de la tournée 96-97. La prochaine surprise survint avec le "Cut My Hair" entonné intégralement par le frère de Pete. Bon pour ce coup-là, je préferais de loin la version de 2010 avec Roger et (bon on peut pas l'avoir à chaque fois), Eddie Vedder. Le "Punk and the Goodfather" qui suivit fut d'une extrême intensité, beaucoup plus proche de la version 1973 de " View a Backstage Pass".P1070162 Le reste de la première partie

fut de la même qualité, la suite du plus grand récit sur la jeunesse anglaise à fond la caisse. Je crois que je peux l'affirmer, jamais la voix de Roger fut aussi puissante depuis la tournée 2006 ce soir, et Pete en pleine forme. Le "I'm one" fut interpreté comme à l'accoutumée par Pete à l'acoustique. C'est parti après pour 5.15. Je m'attend au gros choc électrique après "Why should I care? Whyyy Shoulldd I Caree?", eh ben il a eu lieu. Bam dans la gueule. Je crois que ce morceau a duré bien 15 minutes. Ils sont partis dans un délire improvisé d'une longueur immense avant que après la dizaine d'appels vers le Ciel sous les "Thunderr Thunderrrr", The Ox apparaisse. Ca fait quelque chose de voir ça en direct même si j'ai vu ce solo bien une centaine de fois. La puissance de ce solo te transperce comme si il etait vraiment en face de toi. Après le fameux solo, Pete nous regarde plein d'agressivité en nous interpellant via des gestes "vous croyez que je ne pas le faire???" et il attaqua un solo énorme en agressant sa guitare comme jamais. Rien que le 5.15 valait le voyage, vraiment. Nouvelle surprise pour le "Drowned", pas de Pete en solo en acoustique mais Pete qui chante à l'électrique. Ca donne super bien même si j'avais un faible pour la version acoustique en solo. Le final fut toujours aussi extraordinaire avec mon cher "Doctor Jimmy", le "Bell Boy" avec participation celeste de Keith, et puis "The Rock" qui reste "The Rock", cette juxtaposition parfaite d'instruments qui t'emmenent au septième ciel. Le piano annonce ensuite "Love Reign O'er Me", hit en puissance. P1070176Le solo de piano est plus long aussi que d'habitude, et la version qui en sort est

splendide. Quelle voix. Je ne sais pas comment il continue à pouvoir gérer une chanson comme ça. Impressionant. C'est parti après pour les hits sans rappel. "Who Are You?" sort après le moulinet de Pete. Mon pote est content. Ca fait toujours plaisir aux novices et je continue à dire que je suis fou de cette chanson malgré le côté "Experts" d'aujourd'hui. Quand s'enclenche "Who Are You?" , c'est un train qui démarre à plein charbon qui ne s'arrêtera jamais. Version bien différente encore à ce que j'ai vu jusqu'à présent où il y a énormément d'aise, de liberté face à la chanson qui laisse pourtant peu d'espace à l'improvisation. Ils ont donc pas dit le dernier mot avec cette chanson. Que 'Hey Jude' en prenne de la graine..."You Better You Bet" suit comme prévu. Elle affecte toujours autant le public anglais. Elle me rappelle ces moments d'anthologie glastonniens, c'était il y a déjà 6 ans...Le trio de superhits "Pinball Wizard"-"Baba O'Riley- Won't Get Fooled Again (où je soupçonne d'avoir utilisé un sampler pour le fameux cri) arrivent, interpretés toujours de manière parfaite. Tout se conclut par une version à pleurer de "Tea and Theatre" où le vieux lion règne comme toujours.

 

Se conclut ce qui pourrait être mon seul concert de la dernière grande tournée des Who. C'est la dernière fois quils feront un Quadrophenia+ Hits ça c'est sûr mais est-ce vraiment, contrairement à ce qui a été annoncé la fin? Après ce que j'ai vu je n'ai jamais été aussi peu sûr de cette probabilité. Après le Superbowl, et même après le show unique au RAH, j'étais convaincu de cette possibilité, voyant un peu ce show à la RAH comme un adieu delivré avec classe. Dans ce cas-ci, je ne vois pas comment tout ça pourrait s'arrêter. Les nouveaux Who, oui car je les considère comme une nouvelle construction, pas un remake du passé ou pire un revival, n'ont jamais paru aussi libres, aussi liés dans la musique pour construire quelque chose de solide en live. Roger a une voix qui n'a plus eu depuis longtemps (allez 80's) et Pete est dans une forme folle, loin des déboires des années précédentes, intervenant tout le temps en public et produisant des riffs comme jamais. Ce qu'ils seraient capables aujourd'hui, oui je m'avance beaucoup, c'est de produire un "My generation" intégral en live ou un show avc que des chansons de blues comme l'a fait presque Roger pendant sa dernière tournée solo où j'ai été ébloui par sa version de "Young Man Blues" avec Simon Townshend à la gratte. Ce qui est sûr c'est que je crois que les nouveaux Who n'ont pas fini de nous étonner, et qu l'histoire est loin d'être finie. Quelque chose d'urgent en ces temps

d'instabilité sociale en Angleterre.

.P1070230.JPG

 

Après une soirée assez arrosée où le temps n'existait plus (on a réussi quand même à rater le dernier train en étant en face de la voie), la journée du lundi fut consacrée au tourisme. Bon vu notre etat de fatigue, on oublia vite les activités nécessitant un usage trop important du cerveau et on attaqua quelque chose que je voulais faire depuis longtemps: une dégustation d'ales. Etant donné que j'ai passé la plupart de mon temps en Angleterre dans des villes ou la bière était hors de prix (Londres, Cambridge), on a decidé de profiter des prix démocratiques de Manchester. On atterrissa après le traditionnel petit dej anglais dans un bar en vieux chêne qui proposait tout un choix d'ales de Manchester pour des prix proches de l'Espagne ou de la Belgique. Il nous faisait en plus goûter tout avant que l'on s'en prenne une, histoire qu'on fasse chaque fois les bons choix. Le début de notre après-midi s'est consacrée donc à cette activité accompagnée de potatoes mash et de peau de cochon. Après quelques ales, c'était au tour d'attaquer le fameux Northern Quarter avec ses petites échoppes de LP's. Malgré les nombreuses tentations (tous les vieux pressages Happy mondays ou un Smiths premier pressage UK entre autres), je décidai de faire des faire des économies sachant que je me rattraperais à Londres. Ce fut en effet le cas... Après notre petite visite du quartier, où l'atmosphère n"était pas la même que samedi après-midi, on se dirigea vers un hotel qui nous proposait le demi-litre de bière a 2 pounds. C'était parfait pour retrouver mon vieil ami Gareth que je n'avait plus vu depuis 4 ans. L'endroit était très chouette, loin de la froideur des bars des hôtels et énorme. Ce n'était pas ma dernière visite, je le sens. On se dirigea ensuite vers la gare quand une énorme surprise apparut. Devant un pub était indiqué: "Playing tonight: Simon Townshend". Je n'en croyais pas mes yeux. Le frère de Pete, que on avait vu hier soir jouait là dans quelques minutes. Incroyable. Ma visite de Manchester ne pouvait pas mieux se finir.

 

P1070234.JPGA 21H30 donc commença a jouer Simon Townshend dans ce bar minuscule. Il y avait très peu de personnes, celles-ci ne sahcant vraisemblablement pas qui était en train de jouer devant eux. Malgré le plaisir que j'avais de voir le frère de quelqu'un que j'adule, et toute ma reconnaissance envers son travail au sein des nouveaux Who (en particulier durant la tournée solo de Roger), le concert fut assez ennuyant. Ses chansons solo n'avaient aucune consistance et j'avais vraiment de la peine pour lui. Le suel moment où il a réussi à m'entraîner est quand il a joué "Going Mobile" de vous savez qui. Il ne restera définitivement qu'un excellent guitariste avec une très belle voix mais sans capacité de songwriting. J'ai voulu après le concert lui parler du futur de mon groupe préféré mais je fus vite empêché par ses amis qui m'obligaient pour lui parler d'acheter son dernier album. Quelque chose que je ne fis évidemment pas vue la qualité de son concert. Ainsi donc même pour parler à quelqu'un dans un cadre intime, il faut faire du business. Voilà ce qui est le rock d'aujourd'hui. Sans nouvelles de mon ami parti d'urgence pour imprimer son billet d'avion du lendemain matin, je décidai de stopper la discussion avec les amis de Simon pour le chercher dans le lieu de son dernier message. Après être arrivé en courant, celui-ci m'appris que son téléphone n'avait plus de batterie et que donc si je n'étais pas arrivé rapidement, on ne se serait pas rencontrés! Encore ma petite étoile...

 

La soirée fut bien évidemment clôturée par quelques litres de cidre a la maison après plusieurs rencontres très enrichissantes sur l'état social de Manchester qui nous démontre encore une fois que c'est une ville extrêmement humaine et chaleureuse. 

 

who-manchester-copie-1.jpeg

 

 

 

 

DANS LA SUITE: LONDON:  CAT POWER, LE BOSS, LES BLACK CROWES et les BLACK ANGELS.

 

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Published by Dimzur - dans Concerts review
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commentaires

Maitre Kulk 10/07/2013 19:58

J'en fais autant, t'inquiète !
On comparera les notres après Nick Cave !

Dimzur 10/07/2013 20:07



Ca va etre bon d'enfin se vider des bières ensemble!



Maître Kulk 10/07/2013 14:43

Dressed right for a beach fight...
Excellent compte-rendu !

Dimzur 10/07/2013 19:55



;) Ca sort juste des tripes!